• Pêche : le silure est en phase de colonisation dans l’Allier

    Pêche : le silure est en phase de colonisation dans l’Allier

    Non, le silure n’est pas un nuisible. Oui, il se mange. Mille rumeurs circulent à son sujet depuis 20 ans qu’il est présent dans l’Allier et dans la Loire. Il faut dire que c’est un poisson atypique.
    Il dévorerait tous les sandres et mangerait même le plastique. Il n’est pas comestible et il faut le détruire après l’avoir pêché, comme un poisson-chat. Autant d’a priori qui circulent sur le silure, poisson atypique qui mérite pourtant mieux que ces jugements à l’emporte-pièce, explique le président de la fédération de pêche de l’Allier, Gérard Guinot, et l’hydrobiologiste salarié de l’association Mickaël Lelièvre. 
    D’où vient le silure ? Il est originaire du Danube, deuxième plus long fleuve d’Europe. Les raisons de son introduction en France sont doubles, naturelle, via le Rhin, et artificielles via la pêche et la pisciculture. 
    « Dans l’Allier, il est présent depuis une vingtaine d’années dans la Loire, l’Allier et le Cher. Il est encore en phase de colonisation, contrairement au Rhône et à la Saône où les populations sont stabilisées. » 
    Son apparence. Le silure peut vivre 20 ans et atteindre 2,5 mètres et 100 kg. Lucifuge (qui craint la lumière), il préfère les eaux chaudes, et se montre donc plus actif la nuit, du printemps à l’automne. 
    À la peau sombre, au ventre gras et blanc, il a de très petits yeux qui en font un être presque aveugle. Le silure se déplace et chasse grâce à ces trois grands barbillons (sorte de moustaches). 
    Ce qu’il mange. Carnassier opportuniste, le silure peut manger tous les poissons, petits mammifères et oiseaux d’eau de son territoire (il est plutôt sédentaire). Dans le Tarn, il est même connu pour attaquer des pigeons ! Sa mauvaise vue fait qu’il peut prendre un déchet pour une proie. 
    Les nuisances supposées et réelles du silure. Il ne mange pas particulièrement de sandres. Sa nourriture est fonction de son milieu. « Jusqu’à ce jour, aucune étude n’a démontré qu’il avait un impact sur les autres espèces. Il n’est donc pas classé comme nuisible. »
    Il peut avoir un impact fort dans les zones de blocage comme les passes à poissons trop étroites, car, « comme les cormorans par exemple, il va s’installer en groupe à proximité pour en profiter ; les saumons et les aloses vont alors en pâtir. C’est un problème d’infrastructures. » 
    Le coup de gueule de la fédération de pêche. Le code de l’environnement précise que le poisson pêché appartient à son pêcheur. Sauf exceptions, comme le saumon qu’il faut relâcher, ou comme le poisson-chat ou la perche-soleil qu’il faut tuer. 
    « Il faut respecter le poisson. Étant donné la taille du silure, il ne faut pas le laisser agoniser, car il ne meurt pas en quelques secondes, et il ne faut pas l’abandonner car, à part par le renard, il ne sera pas mangé et pourrira. » 
    Comment cuisiner le silure. La pisciculture française produit 200 tonnes de silure chaque année. Il est comestible mais sa mauvaise image freine sa valorisation. De plus, il est parfois vu comme un « poisson de trophée » et non un poisson de table. 
    Sa chair blanche est sans goût. Il se cuisine fumé, ou avec une sauce armoricaine (comme la lotte) ou encore pané. Il est également excellent en goujonnette (petits morceaux panés et frits). 
    Le plus difficile reste de découper les filets, car sa chair est glissante.
    « Dans le Lot-et-Garonne, à Agen notamment, on pratique les silurades qui allient concours de pêche et concours de restaurateurs », témoigne Gérard Guinot.
    Stéphanie Ména
    Témoignage :  
    Alain Gironde (photo)
     
    vit à Bessay-sur-Allier. Membre de l’APPMA de Moulins, il pêche depuis 60 ans :
    « Je suis un pêcheur de brochet et de friture. Pour la première fois, je viens de pêcher un silure, au vif, avec un gardon. Long d’1,80 mètre, il pesait 32 kilos. Ce fût une grosse surprise. J’avais déjà goûté du silure, alors, avec mon épouse, on a tenté l’expérience. Un ami professionnel nous a aidés à le découper. On a pu faire une centaine de filets ! On en a fait profiter nos amis, la famille, les voisins. Nous, on l’a mangé à l’armoricaine. C’est comme la salade, il faut l’assaisonner ! »

     

     

    http://www.lamontagne.fr/moulins/environnement/2014/07/21/peche-le-silure-est-en-phase-de-colonisation-dans-lallier_11087908.html

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