• Les arguments des opposants 3ème partie

    Les arguments des opposants

    L’aspartame demeure une substance controversée, voire honnie par ses détracteurs. Beaucoup de renseignements circulent à son sujet sur Internet. On y trouve, notamment, de nombreux témoignages de personnes qui affirment que leurs graves problèmes de santé ont disparu après avoir cessé de consommer de l’aspartame.

    Un médecin américain, H. J. Roberts, soutient avoir en main une banque de donnés de 1 400 cas démontrant la toxicité de cet édulcorant, surtout sur le système nerveux12. Il a noté un taux anormalement élevé de maux de tête chez les consommateurs d’aspartame et croit que cette substance peut être responsable de tumeurs au cerveau. Le spécialiste, aujourd’hui retraité, est considéré comme une des principales figures de proue du mouvement anti-aspartame.

     

    Les principaux arguments des détracteurs de l’aspartame

     

    L’aspartame est un poison. Une partie de l’aspartame se transforme en méthanol dans notre estomac. Cette substance se décompose en formaldéhyde et en acide formique, des composés neurotoxiques. Les scientifiques n’y voient pas de danger, notamment parce que ces substances sont aussi présentes, parfois même en quantité plus élevée, dans certains aliments, dont les jus de fruits.

    L’aspartame cause le cancer du cerveau. Des études effectuées sur des rats indiquent un lien entre cette substance et cette maladie. L’augmentation soudaine des cas de tumeurs au cerveau aux États-Unis, dans les années 1980, coïncide avec l’approbation de l’aspartame comme édulcorant dans les boissons gazeuses. H. J. Roberts rapporte que plusieurs de ses patients qui étaient d’importants consommateurs d’aspartame ont développé des tumeurs au cerveau.

    L’innocuité de l’aspartame n’est pas démontrée. Les recherches scientifiques rapportant des effets indésirables sont ignorées au profit de celles qui ne relèvent aucun risque potentiel et qui sont financées par une puissante industrie, font valoir les détracteurs de l’aspartame. Ils affirment même que les organismes comme l’Organisation mondiale de la Santé ne font pas d’études indépendantes. D’après H. J. Roberts, il faudrait, notamment, refaire les études sur les animaux et évaluer l’effet de l’aspartame sur de plus longues périodes.

    L’aspartame n’aurait jamais dû être approuvée et devrait être retirée du marché. Les opposants soutiennent que l’avis de plusieurs consultants scientifiques membres de différents comités de la Food and Drug Administration (FDA) et d’autres instances en santé publique a été ignoré au moment de l’approbation de l’aspartame, en 1981. En deux mots, selon eux, l’industrie est très riche et use de son pouvoir. Ainsi, ils estiment que l’édulcorant devrait être retiré du marché tant que des recherches de plus longue durée n’auront pas été effectuées et qu’il n’y a pas de dose sécuritaire connue.

     

    Sommes-nous trop ou pas assez prudents?

    Une innocuité démontrée

    Isabelle Galibois, professeure, Département des sciences des aliments, Université Laval« Ces produits ont été examinés et réexaminés sous toutes leurs coutures. Leur innocuité a été bien établie. Se rendra-t-on compte, dans cent ans, qu’on avait tort? Le sucralose n’est même pas absorbé par l’organisme, alors ce serait vraiment étonnant qu’on découvre un jour qu’il remplit les cimetières... Pour l’aspartame, il est vrai de dire que le méthanol (NDLR : engendré par la métabolisation de l’aspartame, dans l’organisme) est toxique. Mais c’est tellement à faible dose! Certains aliments en contiennent, naturellement, beaucoup plus que les produits édulcorés à l’aspartame [...].

    Certaines choses sont beaucoup plus risquées que les édulcorants. On n’a qu’à regarder ce que les gens consomment comme suppléments, produits naturels, médicaments, et même comme aliments... Les aliments contiennent souvent des contaminants non déclarés, des résidus d’agriculture. Il y a plein de choses qu’on mange sans le savoir! Combien d’autres additifs consomme-t-on sans s’en rendre compte? Les colorants, par exemple. Je suis beaucoup plus critique par rapport aux colorants qu’aux édulcorants. Ils ne sont qu’esthétiques, ils ne servent à rien. »

     

    Le principe de précaution

    Hélène Baribeau, diététiste-nutritionniste en pratique privée : « C’est comme manger bio. Ce n’est pas prouvé que ce soit meilleur pour la santé ! Il n’y a pas de preuves qu’il y ait plus de vitamines dans ces produits et qu’on puisse ainsi vivre plus vieux. Mais pour certaines personnes, c’est important de manger "intègre", de manger de "vrais" aliments. Nous sommes de la "biologie", alors nous mettons, dans notre corps, ce qui existe dans la nature, ce qui est organique. [...]

    L’aspartame, je n’aime pas ça. Je n’aurais pas nécessairement peur pour ma qualité de vie si je consommais de l’aspartame, mais c’est une question de principe. Ça ne s’explique pas scientifiquement. Même si on a démontré son innocuité, pour moi, ça demeure une substance étrangère au corps [...]. C’est moins le cas du sucralose, un sucre modifié, oui, mais dont la base, au moins, est un vrai sucre. Le corps va mieux le dégrader [...].

    Les scientifiques ont une démarche : ils regardent les études et en tirent des conclusions. Mais il y a aussi les croyances personnelles qu’il faut respecter. On peut aussi se fier au gros bons sens, dans la vie. »

     

    Références

    Références

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    Bibliographie

    Artificial sweeteners: A safe alternative to sugar. Mayo Clinic. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.mayoclinic.com
    Artificial sweeteners: Any effect on blood sugar? Mayo Clinic. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.mayoclinic.com
    Aspartame (NutraSweet) Toxicity Info Center. Holisticmed. [Consulté le 2 octobre 2006.]. www.holisticmed.com
    Aspartame Information. Ajinomoto Food Ingredients LLC. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.aspartame.net
    Association canadienne du diabète/L’information en francais. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.diabetes.ca
    Édulcorants, Santé Canada, 2006. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.hc-sc.gc.ca.
    Gougeon, Spidel et alCanadian Diabetes Association National Nutrition Committee Technical Review: Non-nutritive Intense Sweeteners in Diabetes ManagementCanadian Journal of Diabetes, Décembre 2004.
    Guide des édulcorants. Le groupe Glucomaître. [Consulté le 2 octobre 2006.] drsamuel.cyberquebec.com
    Joint FAO/WHO Expert on Food Additives (JECFA). CommitteThe International Programme on Chemical Safety (IPCS). [Consulté le 19 septembre 2006.] www.who.int/ipcs/food/jecfa/en
    Mercola.com. [Consulté le 19 septembre2006.]. www.mercola.com
    Migraine headache, Causes, Mayoclinic.com. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.mayoclinic.com
    Phenylketonuria, Healthy Baby, Mayoclinic.com [Consulté le 2 octobre 2006.] www.mayoclinic.comPosition of the American Dietetic Association: use of nutritive and nonnutritive sweeteners.J Am Diet Assoc. 2004 Feb;104(2):255-75.
    Splenda. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.splenda.com
    Stevia Canada. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.steviacanada.com
    Sugar substitute content. Association canadienne du diabète. [Consulté le 2 octobre 2006.] www.diabetes.ca
    Weihrauch MR, Diehl V. Artificial sweeteners--do they bear a carcinogenic risk? Ann Oncol. 2004 Oct;15(10):1460-5. Review. Texte intégral : oxfordjournals.org

    Notes

    1. The International Programme on Chemical Safety. www.who.int
    2. JECFA monographs, WHO food additive series (FAS). www.who.int
    3. Édulcorants artificiels, Santé Canada, www.hc-sc.gc.ca
    4. Weihrauch MR, Diehl V. Artificial sweeteners--do they bear a carcinogenic risk? Ann Oncol. 2004 Oct;15(10):1460-5. Review. Texte intégral : oxfordjournals.org
    5. Soffritti M, Belpoggi F, et al. 2005. Aspartame induces lymphomas and leukaemias in rats. Eur J Oncol 10:107-116. Article non accessible dans PubMed. Une version remodelée de cette recherche a été publiée dans le journal Environmental Health Perspectives, puis repris par PubMed. Texte intégral à : Soffritti M, Belpoggi F, et alFirst experimental demonstration of the multipotential carcinogenic effects of aspartame administered in the feed to Sprague-Dawley rats.Environ Health Perspect. 2006 Mar;114(3):379-85.
    6. Santé Canada commente l'étude récente sur l'innocuité de l'aspartame, mai 2006. www.hc-sc.gc.ca
    7. NIH-AARP Diet and Health Study, National Cancer Institute, 2006. www.cancer.gov
    8. European Food Safety Autority (EFSA), Avis du groupe scientifique AFC relative à une nouvelle étude de cancérogénicité à long terme sur l'aspartame www.efsa.europa., mai 2006.
    9. Olney JW, Farber NB, et alIncreasing brain tumor rates: is there a link to aspartame?J Neuropathol Exp Neurol. 1996 Nov;55(11):1115-23.
    10. Rapport de l'Agence francaise de sécurité sanitaire des aliments sur la question d’un éventuel lien entre exposition à l'aspartame et tumeurs du cerveau, 2002. www.afssa.fr
    11. Butchko HH, Stargel WW, et alAspartame: review of safety.Regul Toxicol Pharmacol. 2002 Apr;35(2 Pt 2):S1-93.
    12. Roberts HJ. Aspartame Disease: An FDA-Approved Epidemic www.mercola.com
    13. Centre for Science in the Public Interest, Chemical Cuisine – A guide to food additives,Nutrition Action Healthletter, mai 2008.
    14. Centre for Science in the Public Interest. Food Safety - Food Additives . [Consulté le 4 septembre 2008] www.cspinet.org

     

    http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=edulcorant_controverse_do

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